Les petits pélagiques, le “filet de sécurité alimentaire” des Pays d’Afrique de l’ouest

Si au niveau mondial, la sécurité alimentaire tend à s’améliorer, la situation en Afrique de l’Ouest reste préoccupante. Malgré une diminution de la prévalence de la sous-alimentation, le nombre de personnes sous-alimentées reste important (34 M), en particulier en milieu sahélien.

Dans un contexte où la consommation de poisson stagne à des niveaux insuffisants, les petits pélagiques sont particulièrement importants car ils constituent le principal groupe d’espèces consommées en Afrique de l’Ouest pour des raisons de disponibilité et de prix. Ces espèces apportent dans beaucoup de pays de la région la majorité des protéines d’origine animale consommées et par leurs propriétés nutritionnelles particulières, contribuent à satisfaire les besoins en acides gras et en certains micronutriments que l’on ne trouve pas dans d’autres sources de protéines. Les petits pélagiques constituent par conséquent une source d’alimentation essentielle pour la région Afrique de l’Ouest.

Comment les petits pélagiques participent-ils à la sécurité alimentaire en Afrique de l’ouest?

 

Selon un rapport d’Etude sur l’évolution des pêcheries de petits pélagiques en Afrique du Nord-Ouest et impacts possibles sur la nutrition et la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest, les petits pélagiques sont un des premiers maillons de la chaîne alimentaire marine. Ils servent de nourriture à un ensemble d’espèces de poissons, de mammifères marins et d’oiseaux de mer. Leur abondance peut ainsi conditionner les conditions de survie d’un grand nombre d’espèces.

 

Ces poissons jouent un rôle important pour la sécurité alimentaire. Ils apportent des protéines et autres éléments nutritionnels essentiels à des prix abordables pour les populations africaines à faible pouvoir d’achat.  Frais mais surtout sous des formes stabilisées (congélation, fumage, séchage artisanal), les petits pélagiques sont relativement facilement transportables et peuvent approvisionner les populations de pays d’Afrique enclavés ou ne disposant pas de ressources halieutiques suffisantes pour approvisionner leurs marchés intérieurs.  

 

L’exploitation des petits pélagiques permet de soutenir un grand nombre d’emplois que ce soit dans le secteur de la capture, de la transformation ou du négoce. Au Sénégal par exemple, le secteur de la pêche, activités amont et aval comprises, est estimé fournir environ 600 000 emplois, soit 16% de la population active. Les métiers de la transformation en Afrique sont en outre dominés par une main d’œuvre féminine

La consommation de poisson en Afrique de l’Ouest

La consommation varie fortement d’un pays à l’autre.

Le Ghana (> 25 kg/an/pp), la Sierra Leone (>30 kg/an/pp), le Sénégal (> 20 kg/an/pp), la Cote d’Ivoire et le Nigeria (20 kg/an/pp) sont les gros pays consommateurs de poisson, toutes espèces confondues (2011).

Par comparaison, la consommation de poisson par habitant est de 10 kg/an au Mali et de 7 kg/an au Burkina Faso.

Les populations de Sierra Leone et du Ghana tirent du poisson plus de la moitié de leurs protéines d’origine animale. En Côte d’Ivoire, au Nigéria, en Guinée, au Bénin et au Togo, un tiers de l’apport protéinique d’origine animale provient du poisson.

 Les régimes alimentaires sont foncièrement basés sur la disponibilité des protéines animales 8 les plus proches. Par conséquent, les pays côtiers sont plus enclins à se nourrir de poisson que les pays enclavés. Ceci étant dit, pour tous les pays ouest-africains, la majorité des protéines consommées sont d'origine végétale.  

Les petits pélagiques constituent l’essentiel de la consommation de poisson, surtout au Ghana, au Sénégal et en Sierra Leone. Les petits pélagiques étant facilement transformables et transportables sont aussi consommés dans les pays enclavés, notamment au Burkina Faso ou ils représentent 43% du poisson consommé.  Les gros importateurs de petits pélagiques sont le Nigéria, le Côte d’Ivoire et le Ghana, et le Burkina Faso dans une moindre mesure.

 

Source : Texte extrait de l’Etude sur l’évolution des pêcheries de petits pélagiques en Afrique du Nord-Ouest