Focus sur : la Résilience de la zone côtière ouest-africaine ou comment s’inspirer des arts martiaux

Face aux incertitudes du futur on peut avoir des visions radicalement différentes : celle du verre à moitié vide et celle du verre à moitié plein. En ce qui concerne l’avenir de notre zone côtière, par exemple, on peut ne prendre en compte que les facteurs de risques :

  • Un développement basé sur une dépendance étroite aux ressources naturelles. Les besoins en la matière sont si élevés qu’on ne leur laisse que rarement le temps de se régénérer :les sols s’épuisent, les forêts disparaissent, la mer s’appauvrit. 
  • Depuis 50 ans la population de notre région a été multipliée par trois et continue de croitre selon un rythme considéré comme le plus élevé de la planète.
  • Les impacts du changement climatique provoquent déjà inondations, tempêtes, fuite des poissons vers le nord, invasions d’algues…

Si l’on adopte la vision du verre à moitié vide on part avec la certitude que la conjonction de ces trois facteurs nous conduit inéluctablement à la catastrophe. Par contre on peut aussi faire face aux défis du futur avec la détermination des braves et faire, comme dans les arts martiaux, des forces avec nos faiblesses :

  • Nos sociétés, composées à plus de 50% de jeunes de moins de 20 ans, sont dynamiques, créatives et recèlent en leur sein des capacités d’adaptation extraordinaires.
  • Il existe encore un ensemble de savoirs traditionnels sur l’environnement d’une grande richesse si l’on sait les reconnaitre et les utiliser pour gérer les ressources de la nature, et à condition de pouvoir les transmettre aux nouvelles générations.
  • Nous disposons de milieux naturels en relative bonne santé avec notre upwelling, nos mangroves, nos herbiers marins, nos vasières qui produisent encore des ressources avec générosité.
  • Nous pouvons profiter des erreurs de nos prédécesseurs occidentaux pour éviter les pièges, tout en utilisant les technologies modernes intelligentes comme le système VMS pour suivre les flottilles de pêche industrielle, la télédétection depuis le cerf-volant jusqu’au satellite en passant par les drones, l’application de la génétique à la conservation des espèces ou encore tous les nouveaux outils de communication.
  • Nos potentiels d’énergie solaire quasi illimités qui devraient nous permettre d’éviter les risques liés à l’utilisation de sources non renouvelables.
  • La reconnaissance par les pays riches de la très faible contribution de l’Afrique au changement climatique et, parallèlement, de sa plus grande vulnérabilité, une injustice insupportable qui devra être prise en compte dans les aides au développement et les transferts de technologie.

Ce qui manque encore, entre nous, c’est le sens de l’urgence car l’histoire s’accélère de façon vertigineuse ; c’est une énergie collective qui nous pousse à réagir ensemble en combinant nos forces individuelles autour d’une vision partagée, une vision qui ferait la part belle à nos raisons d’espérer. C’est dans cet esprit que les partenaires du PRCM ont organisé une réunion parallèle à la COP 22 sur le Climat, à Marrakech, qui a permis de mener une réflexion collective sur les facteurs de résilience de la zone côtière oust-africaine face au changement climatique et qui doit déboucher sur des propositions concrètes qui seront adressées aux Etats et aux bailleurs de fonds.