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Focus

Face aux incertitudes du futur on peut avoir des visions radicalement différentes : celle du verre à moitié vide et celle du verre à moitié plein. En ce qui concerne l’avenir de notre zone côtière, par exemple, on peut ne prendre en compte que les facteurs de risques :

Sur les 8 espèces de tortues marines qui peuplent les mers du globe, 5 sont observées régulièrement dans les eaux oust-africaines, dont 2 seulement se reproduisent en grands nombres. Entre 2000 et 3000 femelles de tortues caouannes pondent dans l’archipel du Cap Vert, principalement sur l’île de Boa Vista. En Guinée-Bissau, dans l’archipel des Bijagós, ce sont entre 7000 et 35000 pontes de Tortues vertes qui sont enregistrées chaque année.

Faute de pouvoir s’attaquer directement aux causes du CC dont ils assument une part de responsabilité mineure, les habitants de la zone côtière ouest-africaine sont condamnés à développer leurs capacités d’adaptation vis-à-vis des impacts attendus. Les revues de littérature et les expériences des partenaires du PRCM nous fournissent les pistes principales en matière d’adaptation et de mitigation :

Pour le secteur de la pêche : l’augmentation des températures de la mer entrainera le déplacement des espèces vers des eaux plus froides et donc un manque à gagner pour les pays tropicaux. La plus grande fréquence des tempêtes aura des conséquences sur les opportunités de sortie en mer, sur la sécurité, ainsi que sur les risques de destruction des embarcations ou d’inondation des villages de pêcheurs, comme cela a déjà pu être observé dans notre sous-région mais de façon encore exceptionnelle. Les ressources en coquillages, qui constituent un élément vital pour les communautés, seront affectées par l’augmentation des températures de surface de la mer, la montée du niveau marin et l’acidification de l’océan. Dans une analyse regroupant 132 pays, des chercheurs ont estimé que les 2/3 des pays les plus vulnérables vis-à-vis de ces risques se situent en Afrique.

L’amplitude du CC dépendra des mesures qui seront –ou non – prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre produites par les activités humaines, en particulier dans les pays du nord. Selon les modèles développés par les météorologues du GIEC, notre sous-région doit s’attendre aux changements suivants : une augmentation des températures qui atteindra entre 3°C et 6°C d’ici à la fin du siècle, voire plus tôt selon certains scenarios 

Qu’ils soient échassiers ou oiseaux marins ils sont pour la plupart de grands migrateurs qui partagent leur existence entre l’Afrique et l’Europe. Notre littoral, de la Mauritanie à la Sierra Leone en passant par le Cabo Verde, accueille une grande partie de ces voyageurs sans passeports.

Les échassiers migrateurs

Pourquoi avons-nous intérêt à protéger les requins, alors qu’ils mangent le poisson des pêcheurs, alors qu’ils sont une menace pour les baigneurs ? Est-ce si grave de voir que près de 100 millions de requins sont pêchés chaque année pour leurs ailerons et le tiers des 465 espèces est menacé d’extinction

Que faire pour endiguer le fléau ? : renforcer les capacités de surveillance des pays côtiers ouest-africains. En particulier soutenir la volonté des Etats regroupés au sein de la Commission Sous-Régionale des Pêches  (CSRP) pour organiser une surveillance concertée de leur ZEE avec des appuis financiers  conséquents.

Conséquences de la pêche illégale en labourant les fonds près des côtes avec leurs engins de pêche, les chalutiers détruisent l’habitat des poissons et les rendent peu à peu stériles

Depuis la Convention des Nations Unies sur le Droit de la Mer (UNCLOS, 1982) ratifiée par 165 pays, les Etats côtiers ou insulaires sont propriétaires de leur espace maritime sur une bande de 200 miles nautiques, soit 365 km au large des côtes : cet espace est dénommé Zone Economique Exclusive (ZEE).

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