Déchets plastiques : la zone côtière a besoin de notre détermination !

Paysages d’apocalypse

Ils font désormais partie de notre cadre de vie. Ils envahissent nos villes et nos campagnes et jusqu’au moindre village au fin fond de la brousse. Le vent les emporte pour finir agrippés à la végétation où ils forment des paysages d’apocalypse. Ou bien, emportés par la mer et les courants, ils viennent s’échouer sur nos plages ou tapisser le fond des océans. Les déchets plastiques, sachets, bouteilles, emballages divers constituent une véritable menace pour la santé. La santé humaine et celle de la nature car ils constituent des nids à microbes et bactéries, parfois rats et cafards, facilitant la propagation du choléra et du paludisme.

A terre le bétail parfois les consomme. En mer les tortues les prennent pour des méduses et meurent d’occlusion intestinale. Une baleine, échouée sur la plage puis autopsiée, a révélé la présence de 250 kg de plastiques dans son estomac. Au milieu des océans ce sont d’immenses plaques de déchets, véritables continents à la dérive dont la surface couvre 3 millions de km² dans l’Atlantique seul, soit plus de 15 fois la surface du Sénégal. Tous ces plastiques finissent par se fragmenter en micro particules que les poissons ne peuvent distinguer lorsqu’ils se nourrissent, les avalent en finissant par contaminer notre propre nourriture. Il s’en produit 300 millions de tonnes chaque année dans le monde, et comme il faut des siècles pour qu’ils se décomposent, cela signifie que nous laissons à nos enfants un terrible héritage.

 

Des lobbies trop puissants ?

Malgré les campagnes de plaidoyer menées auprès des gouvernements il semble que les lobbies privés soient assez puissants pour les faire échouer. Pourtant, des pays comme le Cap Vert sont parvenus à prendre des mesures pour interdire l’utilisation des sachets plastiques et veiller à leur stricte application tout en faisant la promotion d’alternatives. Dans d’autres pays du PRCM des lois ont été promulguées mais ne sont que peu ou pas appliquées. Des exemples existent, comme au Rwanda, où les sachets plastiques ont été totalement éradiqués, ce qui prouve que cela est possible. Dans nos pays où les habitants dépendent étroitement de la santé des écosystèmes pour leurs moyens d’existence, leur qualité de vie et leur propre santé, il est urgent de réagir. Il y va également du futur de secteurs comme la pêche et le tourisme si importants pour nos économies. Il y va surtout de la santé des générations futures.

 

Les partenaires du PRCM agissent :

  • Au Cabo Verde, la commercialisation et l’utilisation des sachets en plastiques conventionnels  sont désormais interdits par le biais de la Loi du 1er Janvier 2017, apogée d’une lutte menée par l’Association pour la Défense de l’Environnement et pour le Développement (ADAD) dans le cadre du programme  “Cabo Verde sans plastiques” en partenariat avec la MAVA et le PRCM.
  • La Mauritanie a interdit l'importation, la production et l'utilisation des sachets plastiques souples depuis le 1er janvier 2013 par décret. L'application de ce décret est encore partielle mais la présence des sachets dans le paysage a fortement baissé. La loi prévoit l’intervention des douanes et d’autres ministères pour une application plus rigoureuse. L’ONG BiodiverCités mène des campagnes de sensibilisation dans les écoles et au jardin de la biodiversité dans ce sens.
  • Au Sénégal, après une première tentative en 2002 puis une seconde en 2006, une loi qui interdit les sachets légers et gratuits a été adoptée mardi par l'Assemblée nationale. D'ici six mois, ces sacs extrêmement polluants et qui mettent plusieurs centaines d'années à se dégrader, ne seront plus distribués au marché ou dans les boutiques
  • En Guinée-Bissau, une loi a été promulguée mais n’est pas encore appliquée. L’ONG Palmeirinha appuyée par le PRCM expérimente des solutions à la gestion et au recyclage des déchets, notamment dans les aires protégées
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Credit photo :Universites de potiers