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Adaptation aux changements climatiques : des mesures à notre portée

Faute de pouvoir s’attaquer directement aux causes du CC dont ils assument une part de responsabilité mineure, les habitants de la zone côtière ouest-africaine sont condamnés à développer leurs capacités d’adaptation vis-à-vis des impacts attendus. Les revues de littérature et les expériences des partenaires du PRCM nous fournissent les pistes principales en matière d’adaptation et de mitigation :

 La perception des risques est essentielle pour savoir à quoi s’adapter, comment s’adapter. D’où l’importance de l’éducation qui doit donner à l’individu les éléments d’interprétation nécessaires et, surtout, le convaincre qu’il a la possibilité d’influer sur son environnement et ses conditions de vie, qu’il peut développer des approches nouvelles, faire preuve de créativité. Une jeunesse éduquée sera capable de faire preuve de flexibilité, condition nécessaire pour s’adapter dans un monde en changement.

Les communautés locales ont des connaissances et des traditions d’adaptation accumulées avec le temps trop précieuses pour ne pas être intégrées dans les exercices de planification. Une participation équilibrée des genres s’avère aussi déterminante. Ces capacités d’adaptation sont dépendantes des aptitudes d’organisation sociale (associations, réseaux) et de facteurs externes tels que l’accès à l’électricité, à l’internet, à l’information et aux technologies. Le renforcement du capital social au sein des communautés est nécessaire pour encourager les individus à faire preuve de mobilité et de créativité : diversifier ses modes de pêche, développer une aquaculture respectueuse de l’environnement, devenir acteur à part entière de l’écotourisme. Les institutions elles-mêmes doivent accroitre leurs capacités d’adaptation en augmentant leurs compétences, leur transparence et leur flexibilité.

Afin de mieux maitriser les besoins d’adaptation par rapport aux changements observés, les dynamiques de développement ont intérêt à s’inscrire autant que possible au niveau local. En effet, comment maitriser des orientations impulsées par des intérêts extérieurs comme cela est le cas aujourd’hui dans les domaines de la pêche, du tourisme, des industries extractives, de l’énergie, des technologies de la communication, du commerce ? Promouvoir un développement endogène de l’agriculture (familiale et vivrière) de la pêche (artisanale) et du tourisme (écotourisme) apportera des bénéfices au niveau local tout en s’appuyant sur les savoirs des communautés ainsi mieux à même de maitriser les opportunités et besoins d’adaptation.

La conservation et la restauration des écosystèmes sont fondamentales pour l’atténuation et la mitigation des impacts du changement climatique. Le maintien en bonne santé d’habitats critiques tels que les zones humides, les mangroves ou les formations coralliennes contribue à protéger les côtes tout en offrant un ensemble de services essentiels : séquestration du carbone, recyclage des nutriments, dépuration, ressources halieutiques, biodiversité, activités de loisir.

Toutes ces mesures impliquent de réviser les modèles de développement (ici et là-bas) et supposent des moyens financiers. La coopération internationale est plus que jamais nécessaire. Elle constitue un devoir dans la mesure où les pays du nord sont les principaux responsables du changement climatique. Le besoin de justice climatique est en même temps un impératif global si l’on tient compte des conséquences possibles en termes de migration de réfugiés (en direction des littoraux et des pays du nord) ou de l’émergence des fondamentalismes.

Les partenaires du PRCM en action :

  • Restauration du bas delta du fleuve Sénégal via le Parc national du Diawling et la Réserve de biosphère transfrontalière du bas delta du fleuve Sénégal
  • Dynamique participative de protection du patrimoine paysager de l’archipel du Cap Vert (les 7 merveilles de Cabo Verde)
  • «Climat : la tête en l’air, les pieds sur terre »,  projet de sensibilisation au changement climatique basé sur une démarche de photographie participative aérienne et au sol, mis en œuvre par en Haut ! avec les jeunes de l’île de Maio, de Nouakchott et de Palmarin.
  • Restauration des zones de nurserie dans l’AMP de Joal-Fadiouth par la protection des herbiers marins et la création de récifs artificiels
  • Récupération des rizières et restauration des mangroves dans le Parc naturel des mangroves du rio Cacheu en relation avec la montée du niveau marin
  • Programme régional d’éducation environnementale (PREE) pour faire des jeunes ouest-africains des « citoyens du littoral »